Le « non-pardon » et ses risques

‘Fermez vite la porte ; je ne veux pas le voir passer !’ La femme qui me parlait pouvait avoir une soixantaine d’années. La pièce était sombre ; les rideaux tirés. Elle ajouta : ‘Mon fils vient de mourir. Il habitait au premier étage, juste au-dessus de moi. Il m’en a trop fait dans sa jeunesse. Je ne veux même pas voir passer son cercueil ce matin’.

Pendant quelques instants, ces propos me laissèrent sans voix.

Le ‘non-pardon’ est un péché et son châtiment nous atteindra où que nous soyons. Fuir vers une autre ville ou un autre pays ne solutionnera pas les problèmes inhérents à notre état de cœur et d’esprit.

Les inimitiés et les querelles, les jalousies et les animosités, les disputes et les divisions sont des œuvres de la chair au même titre que l’impudicité, l’impureté, la dissolution, la magie, l’envie et l’ivrognerie. C’est ce qu’écrivait Paul aux chrétiens de Galatie (Gal. 5/19-21).

Ne pas pardonner nous entraîne inexorablement dans un cercle infernal. Accordons-nous si peu de valeur à notre salut pour le remettre en cause en conservant volontairement des griefs ? « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses » (Mat. 6/4-15). On ne peut reprocher à l’auteur de ces paroles un manque d’équilibre.

Le ‘non-pardon’ est aussi un sérieux obstacle à l’évangélisation.

Directement ou indirectement, selon les cas, il altère le témoignage de l’église et son principal objectif. Ainsi des âmes ne seront pas touchées en temps voulu, et, au-dessus de tout, c’est une atteinte à Dieu et à sa gloire.

Des mouvements évangéliques prometteurs se sont autodétruits en laissant la zizanie s’installer dans leurs rangs.

Loin de moi le souhait d’agiter le spectre de la peur, mais en tenant de tels propos, je veux crier solennellement : ‘Attention ! Danger’.

Ne jetons pas le saint témoignage dans un cloaque de dissensions qui font le jeu de l’ennemi de nos âmes. Satan nous incitera toujours à ne pas pardonner.

A qui voulons-nous obéir ? Qui désirons-nous servir ?

Point de sainteté sans pardon. Point de présence du Saint-Esprit capable de fuir comme une colombe craintive. Point de salut, point de ciel, point de repos sans pardon.

Il nous faut en être conscients.

Laurent Van de Putte